Demain, les pompons et les drapeaux

Demain, les pompons et les drapeaux
refleuriront sur les pierres comme des fossiles,
Et les hommes deviendront des statues
La vie n’attend pas les décrets
La vie ne sait pas choisir entre la mort et la mort

Demain, les héros deviendront terre retournée
et plus rien ne sera comme avant
Et l’avenir, ce leurre, sera le frère de l’opium.
Le sommeil ne choisit pas entre les perdants
Le sommeil endort les vivants…

Demain, nous serons en retard aux portes du futur,
et nous serons fouillés et questionnés comme les autres.

Ceux qui ont eu droit à la paix
Ceux qui ont eu droit à la nuit
C’est ainsi…

Demain, nous serons à l’abri des arbres coupés
et nos cœurs pleuvront sur le passé
Des gouttes de remords maquillées pour la nuit
Des gouttes d’eau salée venues d’une mer morte.

Demain ?

Amina MEKAHLI.

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Demain, les pompons et les drapeaux

Demain, les pompons et les drapeaux
refleuriront sur les pierres comme des fossiles,
Et les hommes deviendront des statues
La vie n’attend pas les décrets
La vie ne sait pas choisir entre la mort et la mort

Demain, les héros deviendront terre retournée
et plus rien ne sera comme avant
Et l’avenir, ce leurre, sera le frère de l’opium.
Le sommeil ne choisit pas entre les perdants
Le sommeil endort les vivants…

Demain, nous serons en retard aux portes du futur,
et nous serons fouillés et questionnés comme les autres.

Ceux qui ont eu droit à la paix
Ceux qui ont eu droit à la nuit
C’est ainsi…

Demain, nous serons à l’abri des arbres coupés
et nos cœurs pleuvront sur le passé
Des gouttes de remords maquillées pour la nuit
Des gouttes d’eau salée venues d’une mer morte.

Demain ?

Amina MEKAHLI.

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Les intermittents de la vie

J’ai une pensée pour toutes celles et tous ceux qui ne peuvent se permettre le luxe de rester chez eux, celles et ceux qui gagnent leurs vies à la journée, à la sauvette, dans l’informel.
Celles et ceux qui ont des familles à nourrir mais qui ne peuvent pas stocker car eux-mêmes ne stockent pas leur argent qui suffit à peine à acheter quelques denrées chaque jour.
Celles et ceux qui travaillent pour une bouchée de pain arrachée comme une aumône à des patrons sans scrupules, et qui n’ont ni assurance maladie ni congés payés.
Celles et ceux qui vendent tout et n’importe quoi sur des bouts de trottoirs à même les rues, du pain, des camelotes, des bottes d’herbes ou quelques gousses d’ail…
Celles et ceux qui triment dans les maisons, dans les chantiers, dans les jardins, dans les ateliers, dans les garages des autres en échange de quelques sous en attendant demain…
J’ai une pensée pour celles et ceux qui hésitent entre acheter un masque ou acheter dix baguettes de pain, entre acheter du lait aux petits ou de l’eau minérale aux vieux…
Se confiner chez soi est un luxe, rester au chaud avec ses enfants à regarder la télévision où lire un livre est un luxe, ne pas devoir prendre les transports en commun pour se rendre à son travail est un luxe, s’acheter du gel machin truc est un luxe…
Se confiner chez soi pour faire du télé-travail sans craindre pour son salaire et sans perdre sa couverture sociale est un luxe…
J’ai une pensée pour toutes ces femmes et tous ces hommes en Algérie qui sont les petites fourmis d’une économie informelle qui enrichit les patrons et les caisses occultes, ces personnes que rien ni personne ne protège contre les aléas de la vie et qui vivent la précarité au jour le jour…
Ces personnes qui devront sortir, tous les matins corona ou pas, pour gagner leur pain quotidien (sans jeu de mot)…
Alors s’il vous plaît arrêtez de vous plaindre de ce grand luxe que la vie vous offre de pouvoir rester chez vous au chaud avec vos parents ou avec vos enfants…

Amina MEKAHLI.

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J’ai mangé les derniers brouillons du livre que je pouvais écrire

J’ai mangé les derniers brouillons du livre que je pouvais écrire
Sur la table basse à côté de ma tombe ouverte, j’ai posé ma plume
Mes doigts enfouis dans la semoule chaude cherchaient ma bouche
Je n’ai pas trouvé l’adresse du rêve que j’avais dessiné sous mes pas
Tout disparaissait dans la poussière des arbres sous le vent
J’ai avalé l’encre noire des derniers poissons morts sur le rivage
Ma langue de bois a pris feu sous le dernier coup de foudre du ciel
Mais l’eau qui dort sous le désert se méfie des chercheurs de vérité
Le jour se lèvera demain avec les drapeaux et les têtes et les yeux
Sur la nuit des destins emmaillotés dans la terre nourricière.

Voilà le livre qui va nourrir les espoirs et l’indignation et les oiseaux migrateurs
Ouvrez-le à la page suivante pour apprendre à disparaître sans enchantement…

Amina MEKAHLI.

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