Mon cri ne sera plus étouffé

La direction du journal ‘LeSétifois.com’ accueille un duo de poètes Amina MEKAHLI et Djamil HADJ MOHAMED qui se donnent la réplique sur la journée internationale de la femme.

Mon cri ne sera plus étouffé par Amina MEKAHLI

Vendredi 08 mars…

Ce jour sera à qui ? Ce jour sera pour qui ? Pourquoi ?
Vendredi 08 mars, ce jour sera de quel sexe ?
Vous pensez déjà que je suis trouble-fête, pas de soucis consultez mes publications des 08 mars depuis des années. C’est réglé ? On continue !
Ce 08 mars, messieurs, on ne vous l’offrira pas sur un plateau d’argent avec une rose à la main.
Ce 08 mars, on ne laissera pas tomber nos revendications vieilles de millions d’années pour revendiquer nos causes messieurs.
Nous sommes vos moitiés en statistiques élémentaires, nous sommes plus fortes aujourd’hui que jamais.
Mes amies, mes sœurs, mes filles, mes congénères, ce 08 mars est le vôtre particulièrement, votre liberté en dépendra pour toujours.

La liberté commence par un geste individuel, commence par un non catégorique, par un non déterminant.
La liberté n’aime pas la foule, elle aime les décisions personnelles et les actes décisifs.

لكل مقام مقال
Ce 08 mars, messieurs on vous demande de regarder en face notre réalité et la vôtre. Regardez en face vos amies qui n’ont pas les mêmes droits que vous, regardez vos épouses, regardez vos mères les pauvres, regardez vos filles dans leurs berceaux qui dorment comme des anges mais dont vous faites des diables par votre silence complice.
Vendredi 08 mars, les femmes vont marcher contre les 5 millionièmes mandats d’asservissement, de soumission, d’inégalités, de disparités, de honte, de précarité, de faiblesse, d’injustices !
Messieurs, nous représentons vos quotes-parts en voix électorales, nous représentons la vie, l’amour, la paix, la maternité, la douceur, le sein maternel et le sein de l’amante, nous ne reculerons pas devant la pauvreté, devant la maltraitance, devant la misogynie, devant la haine des hommes.
Les femmes qui me lisent représentent une infime minorité de ma société, les femmes que j’aime et qui m’aiment n’ont pas Facebook et ne lisent pas, encore moins en français…
Mes amies sont de toutes les régions de ce pays que j’aime, mes amies sont en attente de délivrance, de droits élémentaires pour un humain.
Ce 08 mars comme tous les autres sera pour mes amies et moi l’occasion de faire entendre notre cri étouffé.

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Vous ne me ferez plus taire ! par Djamil HADJ MOHAMED

Vous ne me ferez plus taire !

Et même si ma voix se casse j’emprunterai celle de ma mère, de ma grand-mère, de mon aïeul du haut de son djebel pour lancer à la face des Hommes ce youyou strident qui hérisse les poils.

Ce cri ressemble au cri primal tant il exprime d’abord la Vie et ensuite la Liberté.

Ne me confinez plus à une journée dans la révolution qu’entreprend la terre chaque année. Je Suis toute l’année et l’instant éternel.

Si je porte le combat aujourd’hui dans la rue avec ou sans voile, cela est par choix mais je le poursuis dans chaque espace, chaque temps. Je Suis à la maison, à l’école, au travail, au champ, en ville, sur mer, dans les airs, hors des frontières…Partout ! Mais également je me tapis en vous dans votre cœur, dans vos pensées, parfois dans vos mots, souvent dans vos écrits et dans vos actes.

Vous ne me ferez plus taire ! Ni ce vendredi ni un autre, ni le 8 ni les jours suivants, ni ce mois de mars ni un autre mois.

Alors Ensemble toi ma mère, ma compagne, ma sœur, ma fille, mon amie, j’associe mon poing levé à ton cri pour Nous libérer de l’obscurantisme, de l’asservissement, de la tentative de soumission en tant que sujet pour avancer dans l’histoire de l’humanité. Nous avons été créés Libres et égaux en tous points de vue et nous ne portons pas le fardeau du péché originel encore que tous deux Adam et Eve ont commis la faute en toute responsabilité conjointement.

Je ne laisserai plus personne te faire taire ! Ton combat est le mien.

Tu donnes la Vie, certes, mais pas toute seule. Je Suis de toi et me prolonge en toi. Tu me perpétues. Et rien que pour ça, prend ma force pour te libérer, pour me libérer.

Je ne te donne pas ! Tu prends.

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