un vieux coucou

Les feuilles s’empilent usées
Sur mes silences désabusés.
La noirceur de mes crayons
Dessine comme les rayons
De la roue de l’infortune.
J’avais bâti château sur lune,
Palais- temple des dérisions
Sur des piliers d’illusions.
Tel un tombeau de l’insolence
En territoire de l’innocence
Quelle perfection d’ignorance !
Risible est le temps qui danse
Sur la niaiserie de l’enfance
Et la pâleur de ses croyances.
Les feuilles s’envolent au vent
Une fenêtre ouverte au temps
Laisse partir tous les tourments
Vers un lointain ressentiment.
J’ai trouvé un soir dans ma main
Un crayon, une gomme et une clé
La clé du temple du lendemain
Que j’avais bâti dans tes allées
Oh !comme le temps est temps
De dessiner une porte en sortant
Et d’y accrocher la clé d’antan
Comme un coucou porte-bonheur
Qui récite les heures à l’heure.
Qui égrène les silences désabusés
Dans une mystérieuse horloge usée.

© Amina MEKAHLI

un vieux coucou

Les feuilles s’empilent usées
Sur mes silences désabusés.
La noirceur de mes crayons
Dessine comme les rayons
De la roue de l’infortune.
J’avais bâti château sur lune,
Palais- temple des dérisions
Sur des piliers d’illusions.
Tel un tombeau de l’insolence
En territoire de l’innocence
Quelle perfection d’ignorance !
Risible est le temps qui danse
Sur la niaiserie de l’enfance
Et la pâleur de ses croyances.
Les feuilles s’envolent au vent
Une fenêtre ouverte au temps
Laisse partir tous les tourments
Vers un lointain ressentiment.
J’ai trouvé un soir dans ma main
Un crayon, une gomme et une clé
La clé du temple du lendemain
Que j’avais bâti dans tes allées
Oh !comme le temps est temps
De dessiner une porte en sortant
Et d’y accrocher la clé d’antan
Comme un coucou porte-bonheur
Qui récite les heures à l’heure.
Qui égrène les silences désabusés
Dans une mystérieuse horloge usée.

© Amina MEKAHLI

Filature à l’ombre de toi

Je suis née te courant après.
Essoufflée j’avale mes parois
Scènes gargantuesques d’absence
Où jamais tu n’as été, Etre.
Je caresse les aspérités de toi
En un moi lisse à désespérer
Je fouille le désordre de moi
En te réinventant mille fois
Source de foi tarie la première,
Je dessine farouche les tirets
D’une liaison discontinue
En pliant des lignes noires
Sur un blanc papier mâché
Qui se crache lui-même
Pour faire taire « Un », nausée.
Je cours à te naitre âpres
J’aurai du me naitre avant
Pour me compter un-impair
Mais les signes sont cassés
J’attends les mots allant,
Le vocabulaire en suspens
J’attends la nuit du na!
Arrête-toi ta course est ombre
Reviens au départ-point
Ralentis ces pairs-nombres
Toujours pairs moi et sombre
De toi dans le non-moi
Je m’en reviens renaitre
Allongée sur toi fêlure
Pressant mon corps-idée
Sur la naissance du moi
Esseulée moi, soi sans toi.

© Amina MEKAHLI

Le chaudron des secrets

Mon corps détaché de ma graine
haché en particules édulcorées
assaisonné aux épices du refus
et roulé en boulettes de honte,

Mon corps désossé,vidé,ficelé
macère dans un fonds d’opprobre
à la fleur des marécages de l’oubli
et de feuilles séchées de résignation

Mon corps fermente dans le déni
amputé de sa verve encore crue
jeté dans le bouillant du non-dit,
mijoté aux aromates du proscrit

Mon corps dégorge le jus du péché
en des volutes d’extases étouffées
et des odeurs de sainteté calcinée,
Dans le vieux chaudron des secrets.

Dans le vieux chaudron des secrets
mon corps à petits bouillons,grésille
d’indicibles bribes de l’hymne interdit
à la gloire éternelle des ébats maudits.

© Amina MEKAHLI