La femme des Djinns

Depuis quelques temps je suis assez étonnée d’apprendre que dans un petit village, vit un travesti…

Oui un travesti ! Mais je n’ai l’habitude d’en croiser que dans la vie nocturne, dans le star système des cabarets à la mode, dans les mariages où ils-elles sont acceptés chez les femmes, un peu comme des eunuques, ces chanteurs-chanteuses fardées, croulant sous les bijoux. Ils ou elles font partie de notre quotidien plutôt comme des phénomènes de foire que comme des êtres humains à part entière, la nuit les couve, la nuit les découvre, la nuit les tolère et les protège ; Mais le jour leur métamorphose s’impose et le déni de la societé encore plus.

Dans un petit village donc loin de cette vie sulfureuse du spectacle et des paillettes, comment un travesti peut-il seulement rêver d’exister ? Bien en vérité il existe d’une manière très paranormale mais il existe…

Au village en question donc, je demande si effectivement cette personne existe ? Et on me dit que oui ! Et comble des combles, non seulement il s’habille en femme mais quelle femme… Une femme pratiquante et conservatrice, puisque ce Monsieur-dame a décidé de porter le hijab comme toutes les femmes scrupuleuses de leur religion au village.

Je suis très sérieuse dans mon questionnement, il faut être sérieux pour bien comprendre les sujets sordides, et je questionne une jeune fille très sympathique du village qui aime discuter avec moi de sa vie, de son quotidien. Je l’écoute toujours avec beaucoup d’intérêt, elle est pour moi un vrai baromètre de ce qui se passe réellement autour de moi, loin des discussions de salons et des bruits de sérail dont elle est loin même d’imaginer l’existence, loin des grandes villes et de leurs course à la vie moderne, loin de tout … Elle, la petite algérienne qui a quitté le système scolaire très jeune pour aider une marâtre dépassée par une famille plus que nombreuse, décomposée, recomposée, enfin une histoire sans fin, une famille sans contours, ressemblant à des milliers d’autres, connaissant un peu plus que la pauvreté avec la retraite du père pour faire vivre une tribu de trois générations

Donc ma copine très bavarde mais agréable et heureuse, elle est toujours très souriante et se contente de très petits rien, le jour où elle avait enfin trouvé du travail, je crois que j’ai été la première à être mise au courant, peut-être qu’elle me considère comme sa meilleure amie, ou peut-être un peu comme une mère, je ne sais pas, elle m’a dit une fois qu’elle n’avait jamais connu sa mère, morte en la mettant au monde, elle ne déteste pas du tout sa marâtre au contraire, elle parle d’elle avec beaucoup de lucidité et est consciente qu’il aurait été difficile pour son père de trouver mieux qu’elle pour s’occuper d’une famille aussi nombreuse.

Elle est très lucide. Elle rêve du prince charmant, un simple travailleur qui aurait un salaire et une couverture sociale même si il vit au fin fond du désert. Elle peut parler de mariage et de son trousseau pendant des heures, et le moindre petit objet que je lui offre est précieusement caché dans la fameuse valise qu’elle ferme à clé et qui est me dit-elle,au dessus de l’armoire dans la chambre de son père…

Ah son premier travail ! Un travail dans une vinaigrerie, qu’elle me dit ! Je ne comprends pas vraiment ce qu’elle fait exactement mais je ne reste pas dans l’ignorance trop longtemps, elle parle beaucoup. Une vinaigrerie donc où pour le salaire de 3000DA, je n’ose même pas les convertir en euros pour comparer avec le seuil de pauvreté et ces chiffres qui sont sensés nous renseigner sur le seuil du bonheur minimum des humains, et d’ailleurs pourquoi calculer en euros, ma copine ne sait même pas ce que cela veut dire un euro…Elle qui n’a encore jamais vu la mer, c’est son rêve le plus grand je pense pour le moment, voir la mer, qui est du reste à une heure de route du village…je lui ai proposé une fois de l’emmener mais elle me dit en souriant qu’à la maison on ne la laisserait jamais ! Elle ne semblait jamais contrariée.

Pour un salaire de 3000DA, elle a donc le choix entre remplir les bouteilles ou coller les étiquettes de huit heure du matin jusqu’à dix-huit heure, avec une pause d’une demi-heure, je n’ai même pas le temps de poser des questions, elle parle, elle parle, donc elle a le choix entre remplir ou coller 600 bouteilles par jour de vinaigre, le chiffre me parait énorme et là je demande : Et au cas où tu n’atteins pas le nombre de 600, il se passe quoi ? Ben on ne te paye pas la journée de travail me répond-elle très simplement. Donc 600 bouteilles pour cent dinars par jours…Elle est très contente avec son nouveau travail, sans couverture sociale évidement, il ne faut pas brûler les étapes me dit-elle, ma sœur qui a fait des études et qui a un diplôme en informatique n’a même pas de travail !

Elle m’explique le fonctionnement de cette « usine »,du vinaigre dans une citerne avec un robinet, des bouteilles en plastique, des bouchons à visser, des étiquettes, des pinceaux, et de la colle dans des bidons, voilà pour l’équipement, et une main d’œuvre de copines heureuses et surexploitées par un patron sans scrupules qui s’est délocalisé de la capitale dans ce petit village tranquille où personne ne viendrait lui reprocher ni la vétusté de son garage-usine, ni la qualité et l’hygiène douteux de son vinaigre, ni les conditions précaires de ses jeunes employées, la vie est belle dans cette Algérie profonde…

J’en étais où ? Ah oui j’allais oublier que je parlais d’un travesti en hijab, il ne fallait pas la supplier ma copine pour qu’elle raconte ce genre d’anecdotes, elle était aux anges de pouvoir parler, parler, parler…

Elle me dit lui en fait il n’est pas normal ! Je lui dis : comment cela, il n’est pas normal ? (Au fond de moi toute notion de normal et d’anormal avait foutu le camp depuis le début de cette discussion)
— Comment dire, Maskoune, « Il est habité »
— Comment ça Meskoune ? Je ne comprends pas ? Mais attends d’abord dis moi, comment il est ? Moi je ne l’ai jamais vu en fait.
— Il est comme une femme, il marche comme une femme, il porte une djellaba rose, et un foulard, il a une petite mèche de cheveux décolorée qui dépasse de son foulard pour faire joli, il s’épile les sourcils alors que moi je ne me suis jamais épilé les sourcils !! et il porte des chaussures à talons !
— Mais les gens ne lui disent rien ? Il vit seul ou avec sa famille ?
— Il vit avec sa mère et ses petits frères et sœurs, son père est mort et lui est tombé malade juste après la mort de son père.
— Malade ?? De quoi ??
— Oui il a été frappé par un djinn, enfin une djenniya, il est habité par une djeniyya.
— Ah ok !
Oui tu n’as pas compris c’est pour cela qu’il s’habille en femme, sinon pourquoi il le ferait à ton avis, un homme n’est pas fou pour s’habiller en femme, s’il n’était pas sous l’emprise des Djinns
— Oui oui bien sur, sinon en effet ce serait le prendre pour un malade…dis-je pensive ( je venais de réaliser qu’elle ne pouvait même pas s’imaginer un instant que c’était tout simplement une identité sexuelle, un fantasme, un profond désir d’être femme…non je sentais dans son discours une naïveté qui ne semblait même pas suggérer une quelconque allusion à une perversion ou à tout autre penchant…rien !)
— Mais lui depuis qu’il est tombé malade il s’est mis à voir !
— A voir quoi ??
— A voir !! Tu viens d’une autre planète on dirait tata !!! Tu ne comprends rien, tu me fais rire !
— Oui tu as raison, je ne comprends rien, mais tu es là heureusement pour m’expliquer les choses !
— Il a un monde fou, il y a tous les jours une foule interminable devant chez lui, maintenant il ne s’achète que des djellabas de luxe, celles dont je rêve pour mon trousseau, il en a de toutes les couleurs, quand il passe devant moi, je suis jalouse !
— Un monde fou pourquoi ?
— Il leur tire les cartes, car depuis qu’il est habité par la femme des djinn, il voit l’avenir !
— Ah! Comme je suis bête,la femme des djinn oui !!

Et voilà comment un homme qui s’habille en femme se fait accepter dans un village reculé par une population simple et conservatrice, en devenant riche par-dessus tout, tout le monde est heureux finalement, pourvu que personne ne redevienne rationnel et l’harmonie règne…

Moi je reviens à mes livres, à mes questionnements et à mes incertitudes de plus en plus grandes et je laisse ma copine à ses certitudes et à tous les rêves qu’elle pourra réaliser à la fin du mois avec son salaire de 3000DA, peut-être pourra-t-elle s’offrir une aussi belle djellaba que celle de la désormais fameuse voyante- diva-djeniyya…

© Amina MEKAHLI

Et si les simples d’esprit étaient des anges ?

Un soir au moment du dîner mon père arriva avec un jeune garçon aux cheveux roux, qu’il nous présenta comme notre frère adoptif ; il nous expliqua sommairement que Sid-Ahmed avait perdu ses parents, et qu’il dormait dans la rue, il n’avait apparemment plus personne pour s’occuper de lui et qu’il allait rester chez nous quelques temps.

Passée la timidité du début, nous avons très vite, mes sœurs et moi sympathisé avec ce garçon un peu particulier; il était comment dire ? Il n’était pas très intelligent, ma mère sut très vite en l’emmenant chez un psychiatre, que Sid-Ahmed avait l’intelligence d’un enfant de 6 ans, il en avait 13…

Incapable donc de suivre un programme scolaire normal d’abord à cause de son retard et aussi car il avait été très peu scolarisé au long de son enfance, mes parents prirent la décision de le placer dans un centre spécialisé pour enfants « attardés mentaux ».

Le jour de son départ était un peu triste pour nous, lui était très content avec son trousseau et ses vêtements neufs et nous disait qu’on pourrait venir lui rendre visite..

Tous les week-ends nous allions le chercher, il venait passer deux jours à la maison où il nous racontait beaucoup d’histoires, on comprit avec l’aide de nos parents que Sid-Ahmed fabulait beaucoup mais on aimait bien ses histoires où il était toujours le héros vaillant et courageux !

On ne se rendait pas du tout compte mes sœurs et moi que cet enfant qu’on couvait et protégeait était en fait beaucoup plus âgé que nous, il était d’une jouvence éternelle. L’âge n’avait aucune prise sur lui.

En grandissant Sid-Ahmed devenait de plus en plus mythomane et il devenait de plus en plus difficile de discerner sa réalité de son monde imaginaire, mes parents ont décidé de l’interner sur conseil du médecin, et cela semblait l’avoir beaucoup aidé.

A son retour de l’hôpital 18 mois après il semblait avoir pris un coup de vieux terrible mais il avait aussi muri et mentait moins presque plus en fait, et nous nous l’aimions de plus en plus.
Mon père l’inscrit alors dans un centre de formation professionnelle où Sid-Ahmed semblait avoir trouvé une vraie vocation : peintre en bâtiment, il était méticuleux et très soigné et devint très vite un élève ouvrier très consciencieux, ce qui lui a valu d’avoir un diplôme professionnel et bientôt un emploi.

Quand Sid-Ahmed reçut son premier salaire, il nous demanda de l’aider à acheter des cadeaux pour mon père et ma mère, on lui répondit que mes parents n’avaient pas besoin de cadeaux et qu’il devait garder son argent pour lui, il fut très affecté par notre réaction et en eut les larmes aux yeux, finalement on l’a aidé à acheter une cravate pour mon père et je ne sais plus quoi pour ma mère.
Il avait une manie de toujours compter son argent avant de dormir et en se réveillant le matin.

A la mort de mes parents Sid Ahmed vivait depuis deux ans dans sa ville d’origine où mon père lui avait trouvé du travail et où il l’avait aidé à avoir un petit logement.

Les années sont passées et emportées nous même mes sœurs et moi par les aléas de la vie, on l’avait presque oublié…

Un jour, nous décidâmes ma sœur et moi de le retrouver, après quelques recherches on apprit qu’il travaillait à l’hôpital de Mascara.

Le numéro de téléphone de l’hôpital que nous a donné le service de renseignement des postes suffit à le trouver ; en effet le standard de l’hôpital le connaissait et nous promit de nous rappeler dés qu’il serait là.

Trois jours après donc, coup de téléphone, au bout du fil Sid Ahmed, il avait toujours la même voix, et entre rires et sanglots, il nous demandait comment on allait, qu’il n’avait pas cessé de nous rechercher, qu’il était parti à notre ancienne adresse mais la maison était fermé à Mostaganem, qu’il était même allé chez mes grands-parents, mais apparemment personne n’avait jugé important de nous dire qu’il nous recherchait…

Ma sœur trop émue me tend le téléphone, elle est en pleurs.

Moi j’avais toujours eu avec lui un rapport particulier, je le laissais être lui-même et je l’emmenais avec moi partout quand on était petits, et cela il me le dit, il s’en était rappelé, il m’a dit oui toi, tu n’as jamais eu honte de moi…

Alors raconte-moi, comment tu vas ? Lui dis-je. Es-tu marié ? As-tu des enfants ? Et il me dit que oui, marié et divorcé deux fois et qu’il était avec sa troisième femme qu’il avait épousé depuis trois ans. Ah ! C’est très bien lui dis-je, et as-tu des enfants ? Oui j’en ai 5 me dit-il, deux avec la première femme et trois avec la dernière.

Ah c’est bien ! Des garçons, des filles ? Avec la dernière j’ai une fille et deux garçons mais avec la première je ne me rappelle pas. Comment cela tu ne te rappelles pas ? Oui je ne me rappelle pas, je ne les ai jamais vus et j’ai oublié.

Je le sentis un peu troublé alors j’enchaine sans insister, et les derniers ils ont quel âge, dis-je pour meubler la discussion car pour moi trois enfants en trois ans, l’âge n’était pas difficile à deviner. Sid-Ahmed me répond, 7ans, 5ans et la petite à 2ans. J’ai du mal à me retenir, entre fou rire et pleurs, je craque et me mis à pleurer à gros sanglots, mes sœurs pleuraient aussi car elle suivait la discussion sur haut-parleur, je respire un grand coup et reprends.

Comment ça ils ont 7 et 5ans Sid-Ahmed si tu n’es marié que depuis trois ans, ce n’est pas possible ? Il hésite un peu, puis me dit oui quand j’ai connu ma femme, elle m’a dit qu’elle voulait bien se marier avec moi à la seule condition que j’inscrive les enfants sur le livret de famille. Mais attends, ce ne sont pas tes enfants ! Si si me répond-t-il avec assurance, ce sont mes enfants, c’est ma femme qui m’a dit que c’étaient mes enfants, tu connais cette femme depuis quand Sid-Ahmed et tu ne mens pas ! Je la connais depuis trois ans et demi. Donc…j’allais lui faire une démonstration mathématique puis j’abandonne, je me calme et reprends.

Tu m’as dis que la petite avait quel âge ? Elle a deux ans, ah c’est bien lui dis- je, en pensant celle là au moins est de lui. Et ta femme elle est gentille ? Elle travaille ou pas ? Non elle ne travaille pas car elle ne voit pas très bien. Comment ça, elle ne voit pas très bien ? Oui elle ne voit pas bien, je crois même qu’elle est aveugle mais je n’en suis pas sur. Sid Ahmed ! Elle est aveugle ou pas ? Oui je crois.

Je reprends mon calme, je lui passe ma jeune sœur sous sa demande, et il lui raconte beaucoup d’anecdotes de son enfance, sa mémoire de sa vie avec nous est intacte, il parle de mes parents comme les siens, et de nous comme ses sœurs, ma sœur me le repasse encore.

Alors Sid-Ahmed tu viens nous voir quand ? Oran n’est pas loin de Mascara, ramène ta femme et ta fille avec toi, comme ça on fait sa connaissance. Non je ne peux pas je travaille, et elle ne voudra pas venir, je le sais. Alors viens seul, tes jours de congé ou le week end. Oui mais je ne sais pas si elle voudra me laisser venir. Tu n’es pas obligé d’avoir son autorisation pour venir tu as 40ans et on est tes sœurs ! Oui mais si elle ne veut pas, je n’aurais pas d’argent pour venir. Tu travailles, tu as un salaire, tu fais quoi de ton argent ? Non tu sais comme moi je n’ai pas de temps pour aller à la poste retirer mon argent alors je lui ai fait une procuration, et c’est elle qui le retire et elle me donne quand j’ai des besoins. Et vous habitez où ? Tu as toujours la maison que t’avais achetée papa ? Non je l’ai vendue car elle était trop petite, et on a racheté ma femme et moi la maison de sa mère. Comment cela ? Sa mère est morte ? Non elle est vivante. Et elle vit où ? Avec nous dans la maison. Sid Ahmed elle vous a vendu une maison dans laquelle elle vit, et cette maison est en ton nom ? Non elle est au nom de ma femme c’était sa dote pour notre mariage. Je me calme à grande peine, et rajoute, dis-moi Sid-Ahmed tu es heureux ? Oui je suis très heureux, j’adore mes enfants et eux aussi m’adorent. Ma femme même si de temps en temps elle est méchante avec moi mais je supporte pour mes enfants.

Méchante ? Elle crie ? Oui et parfois elle me frappe ave l’aide de sa mère.

Je suis effondrée.

Sid-Ahmed essaye de venir cette semaine, dis moi où je peux t’envoyer de l’argent et je le ferais. Non je n’ai pas besoin d’argent et je vais essayer de lui en parler à ma femme quand elle est gentille, il lui arrive d’être gentille dit-il dans un grand rire…

J’essaye de rire aussi et lui dit que ça me fait plaisir de le retrouver et lui pose des questions sur son travail, il me dit que tout le monde l’aime et que cela se passe très bien.

Je lui parle encore de sa vie et pose des questions très directes. Sid Ahmed, dans cette maison tu as ta chambre avec ta femme ? Ou vous dormez tous avec les enfants ?

Non je dors seul. Un silence de mort.

Mais comment ça tu dors seul ? Tu as une chambre au moins ?

J’ai un lit et un bon matelas, j’ai des couvertures que m’ont données mes amis de l’hôpital.

Mais as-tu une chambre ?

En fait ce n’est pas tout à fait une chambre, c’est dehors dans la cour, un petit coin sous une tôle.

Mais il y a une porte ? Dis-je en tremblant de rage ?

Non mais je compte construire pour cet hiver c’est l’été il fait chaud encore, cela ne me dérange pas, mais je regarde la télévision à l’intérieur parfois quand il n ya pas d’invités à la maison.

Et ta femme elle dort avec tes enfants ? Oui et il y a sa mère et son cousin aussi.

Son cousin dort dans la maison et toi dehors ? Oui c’est normal c’est un invité, je ne vais pas le laisser dormir dehors. Oui répondis-je tu as raison…

Et ce cousin il est avec vous depuis longtemps ? Oui depuis deux ans et demi.

Sid-Ahmed, écoute moi bien et réponds moi sans mentir, depuis quand tu ne dors pas avec ta femme ? Depuis le début de notre mariage, elle m’a expliqué que tant qu’il y aurait sa mère elle ne pouvait pas laisser sa mère dormir seule.

Tu as toujours dormi dehors ?

Oui.

Je pleure là franchement, je sanglote comme une enfant, je ne sais plus quoi faire, je réalise que la petite n’est pas de lui non plus…Et je réalise surtout qu’il a toujours six ans.

Sid Ahmed tu me promets que tu vas venir ? Ou préfères-tu qu’on vienne te voir ?

Demain je vous appellerai et on se mettra d’accord.

On a rappelé depuis, il n’a plus voulu nous parler, il a du lui raconter toute notre discussion.

Tous les ans je pense à lui, mais j’ai complètement perdu sa trace… Alors si quelqu’un le reconnaît dans ce texte…

© Amina MEKAHLI.

Cette histoire est véridique, excusez moi si je n’ai pas trop respecté les temps et ces choses là mais quelle importance cela peut avoir…