Amina Mekahli Nommée ambassadrice du prix international de poésie Léopold-Sédar-Senghor

Nommée récemment ambassadrice du prix international de poésie Léopold-Sédar-Senghor, Amina Mekahli est poétesse et romancière passionnée, auteure de plusieurs romans, recueils de nouvelles et de poésies. Elle aborde, pour Reporters, ses missions en tant qu’ambassadrice de ce prix international, ainsi que sa démarche en tant que traductrice du roman de Rabiaa Djalti, « le Fou de Marylin », une nouveauté des éditions Dalimen, présenté au Sila 2019, mais aussi son constat sur la littérature algérienne et le sens qu’elle donne au mot poésie.

La suite de l’article sur le site du quotidien national d’information “Reporters”

Rencontre-débat autour du thème : « Le roman face au présent : écrire à chaud » – Le 05 novembre 2019 à 16h00, à la salle “SILA”

Rencontre-débat autour du thème :« Le roman face au présent : écrire à chaud »Amina Mekahli. Hamidou Sall (Sénégal). Ahmed Lekbiri (Maroc). Makhlouf Ameur. Mourad Boukerzaza. Smaïl Yabrir. Hedia BensehliModérateur : Mohamed SariLe 05 novembre 2019 à 16h00, à la salle “SILA” pavillon C

“Je suis de vous” traduit en italien par Daniela Lupi

Sono una di voi
Non mi guardate come la grandine dopo la pioggia
Sono una di voi
Ho qualcosa d’infinitesimale
E nessun posto dove andare dentro di me
Attorno alle mie ansie
Intorno ai miei ricordi frantumati tra i vostri denti

Non mi guardate come la pioggia nel deserto
Lacrime dal cielo implorato
La mia carne ha il sapore delle regole
I miei occhi assomigliano al vostro orizzonte
E sono uguale in tanti modi
In mille pezzi come voi
Persa sulla strada del taglione

Guardatemi come raccolgo le spine della tristezza
Con le mani legate
Insieme con le vostre
Con il sigillo dei segreti
Il dorso sotto il vostro giogo
Si frusta da solo per i suoi peccati
In ogni posto quando parto
Non posso prendere niente
Dentro di me attorno al mio cuore
Solo là, la speranza blatera senza finire

Sono una di voi
Niente di più di voi

Amate quello che è vostro
È strano essere un estraneo
Di quelli che sentono il vento millenario
E da vicino portatemi verso di voi
E sarò sempre a casa mia

Apritemi!

Aprite gli occhi nella mia stanca notte
Ai miei giorni senza ragione
Alle mie ore sacrificate
Sgranati i prenomi
Riconoscerete il mio
Tramite i libri sovrapposti
Il libro dell’albero vi dirà che

Sono dei vostri
Delle infime parti di voi

Senza un posto dove andare
Senza piangere
La mia assenza
Il mio bastone e la mia bussola
Piangeranno sulle vostre tombe
Quando scopriranno il mio nome
Sotto il vostro

Apritemi!

Aprite le mani sulle onde che ritornano
Tutti confesseranno il loro esilio
Rilasciate il vento e le nuvole
Le stelle schiacciate
Con i vostri muri oscuri

Lasciate andare la rugiada del momento
Lasciate passare la rugiada del giorno

Apritemi

© Amina MEKAHLI
Traductrice Daniela Lupi

Les derviches ne tournent plus

Des corps d’hommes et de femmes
Des barbes et des foulards
Des enfants courant à perte de vue
Des cheveux qui poussent comme des arbres
Des corps qui se taisent sous le drapeau
Des livres saints et d’autres malsains et puis des épées
Pour couper les têtes entre les deux
Un monde qui gesticule sous la culpabilité
Des vagues qui dressent des cadavres comme on dresse
Des ours dans une cage
Des constitutions comme des costumes au rabais
Pour habiller la nudité des sans-papiers
Des pays comme des étoiles filantes qui disparaissent
Sous les regards des rêveurs
Des gouvernements qui n’aiment pas les humains
Et des humains qui n’aiment plus personne
Des bouches qui se tordent sous les mots
Et des mots qui ne veulent plus rien dire
Des monopoles de l’âme qui distribuent les enfers
De l’argent partout pour empiffrer les nantis
Et des affamés qui verdissent de puanteur
Des objets inutiles qui valent deux siècles de salaire
Et un bol de riz qui coûte plus cher que la vie
Le tournis des derviches ne sert plus la boussole
Celle du monde qui tourne à reculons…

Amina MEKAHLI. Où allons-nous ?