De cette gousse de larmes

De cette gousse de larmes
qui sur mon haleine scintille,
comme un canif paresseux.
Je volerai le goût, et le soleil
des choses tendres, et des mots
doux sur la dentelle de mes doigts.
Je vous écrirai, étoiles envolées
de mon coeur torpillé, de cette grenade
amère et décharnée.
Je vous écrirai la blancheur du linceul
de mes rêves, la noirceur du khôl
de leurs yeux d’égorgeurs de demain.
Je vous écrirai le temps alourdi
de sentences et de menaces,
de tiraillements des sens, au nord
perdu.
Je vous écrirai le lait tari dans mes seins,
le pain brûlé à mon feu éteint,
les mains glacées du salut.
Je suis haletante, essoufflée, suante
aux portes closes, implorant les yeux
des tombes et des sépultures bénies.
Je suis fille de la terre retournée,
des saules pleureurs et des chrysanthèmes,
des rives débordantes et des vallées sans nom.
Je suis femme sans armure
et sans pieds, je suis le buste en acier
du canif paresseux.
Je n’ai jamais su blesser…
Amina MEKAHLI.

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Amis d’Oran et de ses environs, je serai ravie de vous rencontrer le jeudi 07 Avril à partir de 15 heures, pour une conférence-débat et une vente dédicace du livre « Tiaret Chevaux et Légendes » de Nacer Ouadahi (photos) et moi-même (60 textes poétiques et légendes autour du cheval mythes et réalité dans l’imaginaire algérien) aux éditions ANEP.
La conférence « Expression française dans la sensibilité poétique algérienne » : Entre révélation et ineffable ; portera sur mon expérience d’écriture poétique dans une langue étrangère, de ses conditions et de ses inconvénients.
La langue française comme langue de délivrance ou langue de l’impossibilité de la retranscription des sens ?
Je vous attends nombreux chers amis.

Amina MEKAHLI.

 

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Il pleut du mensonge

Il pleut du mensonge sur les toits pluvieux
Des affres de souffrances avalées pour rien
Et le voile tombe, le masque se dissout, et moi
Seule comme jamais, déboussolée je tâte la route
Vers moi, seule rigide sous le vent d’une destinée

Ce soir je dormirai avec mes chaussures
Prête à traverser les chemins du vrai
Sans boussole et sans vin
Sobre et droite, envers les roseaux mous
Envers les vents contraires et la pluie
Je reviens d’une épopée céleste
Où le ciel ce soir me tombe sur la tête
Mon chapeau mouillé par la marche
Se plie aux exigences de l’instant

Je retire mon amour avec l’archet et l’arc
La guerre est finie, le royaume s’effrite
Et les guerriers se meurent si bas
Dans les trous des rats et des prédateurs
Sales et sans lianes, sans cœur et sans mains
Sans délai et sans bulles.
Je dors très loin, dans le domaine des terres sans nom
Sous un arbre bienveillant, sous un jour sans nuit

Heureux les naïfs qui sans cloches et sans tambour
Redessinent les lignes des mains et les yeux,
Sans fard et sans toi, chemin coupé au couteau
Tas de pierres et de ronces , et de pieds écorchés
Par les barbelés du juste, et les clous plantés au cœur.

©Amina MEKAHLI.

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