Le tueur de bruit

Et tous les rêveurs se rencontreront au moment du silence mais le silence n’a pas son moment, le silence est exigent plus exigent que toutes les femmes, le silence est capricieux, fragile, il menace de rompre à chaque bruit d’eau à chaque battement d’aile de papillon, à chaque vol d’oiseau. Le silence est frénétique nerveux toujours en partance.

Le rêve attend le sommeil et le sommeil attend le soleil qui ne se couche pas, la nuit qui ne vient pas,les yeux qui ne tombent pas, les étoiles qui se perdent et s’oublient loin des bruits des rêveurs qui attendent, qui finissent par rêver de silence avant de s’endormir.

Les rêveurs éveillés rêvent tous de silence mais le bruit est vie, vie de l’autre, vie partout, vie ailleurs. Le rêveur éveillé rêve de la mort du bruit.

Le dormeur a tué le bruit, il est l’assassin du bruit de l’autre en vie. Le rêveur endormi est le dieu Silence, le seul survivant du monde du bruit. Le rêveur endormi réinvente alors le bruit d’un monde meilleur, un bruit meilleur, un bruit fait du silence des autres. Un bruit d’un monde dont il est le tueur, l’assassin des briseurs de silence.

© Amina MEKAHLI

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