Gris âge

Aiguilles de ciment
si m’en prend la vie
l’envie, d’un chas
qui pelote un ras
le bol.
Traîner la poudre
d’esca
mpette
sa moitié
sur les esca
liers
rpins
rgots.
Horloge de béton
tance le temps
et remonte
la bretelle
sans
ceinture
sens
interdit
Fou du
serre-volant.
Poignée sel sur
statue poivre
grisée à l’orée
du gris âge.

© Amina MEKAHLI

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L’échange me démange

Echange porcelaine
contre petite laine
oreilles sourdes
contre bouche cousue
Echange,
battements de tambour
contre sons de cloches
et pied gauche
contre gavroche.
Echange brin de causette
contre sceau d’eau
et forêt noire
contre pièce montée.
Echange retard
contre absence
et trop tard
contre aurore.
Echange
foulard en satin
contre melon bien mûr
et pomme reinette
contre poire d’Adam
Echange
chaise roulante
contre échelle,
et échasses,
contre terrasse.
J’échange enfin,
contre seulement.
et pas souvent
contre de temps en temps…

© Amina MEKAHLI

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La baie au diable

Quand un soir tu t’es mis à semer des îles sur l’océan de mon naufrage, des îles mirifiques, aussi vraies qu’impalpables, lointaines ! Quand un soir tu as décidé de les éclairer de tes phares en feu, brûlants ; des torches mensongères scintillantes de mille mirages.

Je n’ai jamais su nager, tu le sais, ni jamais su m’agripper aux épaves, mes bras sont trop courts et mon souffle en extinction se noie dans l’eau salée.

De tes mains de velours, tu continues à semer, telles les cendres de mes restes incinérés, des milliers d’îles, des îles de promesses et d’absence, des îles d’attente et d’exil, des îles de départs et de néants.

De tes mains de velours, tu continues à toucher, tout sauf le labeur, toucher les plaies suintantes de larmes, les blessures jamais refermées, les paupières qui ne connaissent plus le sommeil, les bouches qui respirent le refus.

Quand un soir tu t’es mis à jeter par-dessus ton bord, les restes de souvenirs qui encombraient ta mémoire et les miettes d’histoires que tu t’es racontées ; tu croyais encore nourrir des poissons avec tes chimères, mais tu les noyais à ton insu, tous les matins en face de ton miroir.

Quand un soir, le secours vint à mon secours , sans mains et sans velours, sur des ailes dénutries, j’ai survolé tes îles, ces milliers d’îles que tu dressais sur mon égarement, comme des cailloux meurtris par le temps, comme des repères que seul toi,l’enfant de l’ours pouvais trouver.

Je m’éloigne encore, je m’éloignerai toujours de ce chemin de velours, de cette baie au diable, que tu appelais « Retour», sans doute en souvenir d’un mot d‘enfance oublié, d’un geste lointain qui revient de temps à autre, aérer les monuments de ton tourment.

© Amina MEKAHLI

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Chut !

Tapie sous un tas de nuages
Tremblante la face en nage
Le soleil des vieux jours,
Boudeur et capricieux,
Sur ce tas jadis délicieux,
Daigne faire un dernier tour.
La vieille écorce du temps
Se fripe sous les tourments
Se détache et s’effrite
Tombe à terre et s’invite
Impromptue, pique-assiette
Au festin de la fête.
La charogne donne l’écho
En harmonie à l’asticot
Le temps siffle son dernier mot :
Ce soir sera la fin du tempo !
Hurle vent ! Hurle un moment.
Chante levant ! Chante tout et tant.
Passe vie ! vie passe et trépasse.
Mort déporte ! Emporte et ferme la porte.
Chut !

© Amina MEKAHLI

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