Le tueur de bruit

Et tous les rêveurs se rencontreront au moment du silence mais le silence n’a pas son moment, le silence est exigent plus exigent que toutes les femmes, le silence est capricieux, fragile, il menace de rompre à chaque bruit d’eau à chaque battement d’aile de papillon, à chaque vol d’oiseau. Le silence est frénétique nerveux toujours en partance.

Le rêve attend le sommeil et le sommeil attend le soleil qui ne se couche pas, la nuit qui ne vient pas,les yeux qui ne tombent pas, les étoiles qui se perdent et s’oublient loin des bruits des rêveurs qui attendent, qui finissent par rêver de silence avant de s’endormir.

Les rêveurs éveillés rêvent tous de silence mais le bruit est vie, vie de l’autre, vie partout, vie ailleurs. Le rêveur éveillé rêve de la mort du bruit.

Le dormeur a tué le bruit, il est l’assassin du bruit de l’autre en vie. Le rêveur endormi est le dieu Silence, le seul survivant du monde du bruit. Le rêveur endormi réinvente alors le bruit d’un monde meilleur, un bruit meilleur, un bruit fait du silence des autres. Un bruit d’un monde dont il est le tueur, l’assassin des briseurs de silence.

© Amina MEKAHLI

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Afrique des papillons (lettre à Paul Nwesla)

Les papillons le savent et pourtant ils se battent pour sortir du cocon, battre des ailes le temps d’un battement de cils ,sourire au soleil qui sait lui aussi sa pitié pour leur fin annoncée, déjà, d’emblée, sans recours…

Les papillons le savent et pourtant ils sont notre émerveillement et notre contemplation de leur amour pour la vie, une seconde, un instant. Leurs couleurs sont nées pour vivre ,leur vie est née pour mourir…et pourtant Paul toi tu le sais et moi je le sais aussi, mais nos couleurs vivront et notre Afrique sera toujours pleine de papillons…

© Amina MEKAHLI.

Mon texte est inspiré du poéme “Le cimetière des talons” par Paul Nwesla.

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Roulette ruse

Un de perdu ! dirent deux revenus
Nous étions nombreux, dit le banni
Vous serez seul, disent les repartis
Ils ne sont pas venus,dit leur pays
Je suis perdu! dit Un… retrouvé
Désolés ! disent les dix… égarés.

© Amina MEKAHLI

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Débris d’elle

Étendue les cuisses ouvertes
aux vents des quatre portes
La main polie sur une bouche
ouverte.

Etendue le ventre au ciel
entre un cactus et une bouteille
Les dents perdues sous une langue
offerte.

Etendue le coeur qui bat
pour des noms sans adresse
La raison dans une prison
alerte.

Etendue visage de marbre
sur la glace d’un regard
Les yeux sortis d’une memoire
deserte.

Etendue d’elle par elle
sur elle pour elle
pour devenir seule
Débris d’elle.

© Amina MEKAHLI

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