Chut !

Tapie sous un tas de nuages
Tremblante la face en nage
Le soleil des vieux jours,
Boudeur et capricieux,
Sur ce tas jadis délicieux,
Daigne faire un dernier tour.
La vieille écorce du temps
Se fripe sous les tourments
Se détache et s’effrite
Tombe à terre et s’invite
Impromptue, pique-assiette
Au festin de la fête.
La charogne donne l’écho
En harmonie à l’asticot
Le temps siffle son dernier mot :
Ce soir sera la fin du tempo !
Hurle vent ! Hurle un moment.
Chante levant ! Chante tout et tant.
Passe vie ! vie passe et trépasse.
Mort déporte ! Emporte et ferme la porte.
Chut !

© Amina MEKAHLI

Vous avez aimé le texte ? Alors laissez un commentaire juste au-dessous ↓

commentaires

Folles amours

La lune de sa pudeur se défait
et en plein jour enfin apparait
Son voile noir tombe et disparait
Son soleil l’admire,l’ oeil effaré
Leur union par les dieux interdite
se tente,se provoque et s’incite
Les astres de leur destinée proscrite
sortent au grand jour,nus et s’excitent.
La lune se pavane,danse et déambule
se déhanche,s’épanche,sort de sa bulle.
Le soleil acquiese timide,ces preambules
De sa dulcinée qui rêve,raconte et fabule.
Qu’elle est seule le jour sans étoiles
qu’elle est nue sans sa nuit en voile
Ma lune à moi,ainsi se devoile?
L’astre des astres,l’astre des étoiles?
Le soleil troublé, fuit et s’eloigne
La nuit le suit,le touche et l’empoigne
Que fais-tu? je suis la nuit,la nuit qui soigne,
Qui raméne le conseil,la paix, l’oubli du bagne.
Le soleil court,court,la nuit le poursuit
Deployée,opaque,decidée elle l’essuie
L’efface,l’ostracie dans un ciel obscurci
Pour que lune delaissée,revienne par ici.
Jamais ne se croisent les folles amours
Soleil et lune,séparés pour toujours
S’éspérent et attendent chacun,un retour.
La nuit, tous les soirs fait chanter le troubadour.

© Amina MEKAHLI

Vous avez aimé le texte ? Alors laissez un commentaire juste au-dessous ↓

commentaires

Le spectre du pantin empaillé

Une rue qui ne mène nul part, qu’à toi, mausolée du saint oublié
Evoqué sans tambours quand vient la saison des amours gelés
Quand vient le tour de celui qui l’encens à la main attend ses ainés.

Je m’avance en sautillant sur le pavé disgracieux de ta vie
M’es-tu revenu un soir d’hiver comme un chandail troué ?
Pour me jeter comme un opprobre, ta caresse sur le dos ?

Revenu boiteux le bâton comme ami et le turban comme esprit
T’allonger dans cette sépulture taillée en souvenirs et en cris.
Pour trouver prés de moi pantin empaillé, le jauni de ton répit

Je ne t’ouvre qu’une lucarne car mes portes sont condamnées.
Rouillées de promesses, lourdes de secrets, un cercueil scellé
Comme une lueur, infiltre et diffuse toi dans ma longue cécité.

A côté du vase renversé sur la paillasse ou personne ne prie plus
Met ta grandeur d’antan, ton charme vieilli et ta gloire révolue.
En attendant mes pas, sautillants et légers sur le pavé disparu.

© Amina MEKAHLI

Vous avez aimé le texte ? Alors laissez un commentaire juste au-dessous ↓

commentaires

Petit sortilége

Esprit carré sous carré de terre.
La terre est ronde.Oui mes enfants.
La terre est ronde comme une pomme.
Une pomme de terre conte la fin

J’ai fin de toi, d’aiguille en fil
Poisson volant au mois d’avril
Heures de toi au loin s’empilent
Collier de temps, absence d’exil

J’ai fin de toi beau sortilège
Jeté sur mes rides en cortège.
Âge de pierre ou âge de neige.
Fondras-tu ?ou fondrai-je ?

Mange,
Est ta réponse,
Mange à ta fin
Est ton sarcasme.

J’ai fin de toi cœur de pique
Ventre en trèfle à quatre feuilles
Une feuille, une heure sur l’étagère
S’envole au vent, aux quatre vents.

J’ai fin de toi compote de potes
Fruits qu’on fit avec une fleur
Quand le soleil buvait mon heure
Arpentes-tu déjà mes lenteurs?

Mange encore,
Est ta réponse !
Mange une feuille
Est ton sarcasme.

Peine de conscience et peine de cœur.
Le cœur est rond, oui mes enfants
Le cœur est rond comme une panne
Une panne de cœur conte la faim.

© Amina MEKAHLI

Vous avez aimé le texte ? Alors laissez un commentaire juste au-dessous ↓

commentaires